Conseils post-partum

Renouer avec son corps après accouchement

Un seul maître mot: PATIENCE. Les bouleversements physiques et hormonaux seront encore là longtemps après que votre bébé soit sorti. On ne se remet pas en quelques jours de cette prouesse que vous venez d’accomplir. On parle du 4ème trimestre de grossesse, ou bien du Mois D’Or. Personnellement, j’aime transmettre l’adage “9 mois pour faire, 9 mois pour défaire. Plus que jamais, soyez indulgente avec votre corps. Cette impression d’être passée sous un camion, l’incontinence totale des premiers jours, les hématomes des grandes lèvres, la perte de sang en continu, les hémorroïdes, les tranchées, les douleurs pelviennes, puis enfin l’insensibilité clitoridienne, les modifications de vos sensations corporelles, tout cela s’estompera progressivement avec le temps (plus ou moins rapidement en fonction des symptômes). Tout ceci est courant, mais rarement évoqué en amont, et peut bien souvent faire l’effet d’un cyclone une fois l’accouchement passé.

En attendant d’avoir terminé la rééducation périnéale qui parfairera la récupération (pratiquée avec votre sage-femme ou votre kinésithérapeute), quelques pistes de choses pour aider votre corps à se remettre doucement:
– Les jours suivant l’accouchement, privilégiez la détente et le repos. Restez le plus possible allongée ou assise et ne soulevez rien de plus lourd que votre bébé. Votre corps a besoin d’être ménagé. Sollicitez votre conjoint et l’entourage pour les corvées du quotidien (ménage, cuisine, soins au bébé). Dormez quand votre bébé dort.
– Pour récupérer une sensation de “contenant”, vous pouvez commencer à vous renforcer en douceur en pratiquant des exercices de respiration abdominale ou de “fausse inspiration thoracique“. Vous pouvez prendre appui sur les écrits et les vidéos de Bernadette de Gasquet, médecin et professeur de yoga (pour plus de renseignements, cliquez ici), ou bien sur les vidéos et compte insta de la kiné Princesse Périnée. Vous pouvez également vous faire offrir un soin Rebozo (plutôt qu’une énième peluche sur la liste de naissance et si votre budget le permet, ou bien opter pour une ceinture physiomat et du serrage en écharpe fait maison par une amie ou votre conjoint après avoir visionné des tutos Youtube).
– Si vous allaitez, pensez à votre dos : La position d’allaitement doit être avant tout confortable pour la maman. Une grande partie des difficultés d’allaitement sont en lien direct avec une position inadaptée. Plus de détails dans mon article complet sur l’allaitement.

 

 

Enfin et surtout, osez parler des tabous du post-natal!

Cette ambivalence de la maternité, pleurer de fatigue parce qu’on ne parvient pas à dormir plus de 3h d’affilées, avoir l’impression qu’on ne récupérera plus jamais de temps pour soi, vouloir récupérer sa vie d’avant et culpabiliser de cette pensée, être dans le dévouement total et avoir tant de difficulté à comprendre pourquoi votre enfant pleure, penser qu’on ne fait jamais suffisamment bien, etc. Trouver un nouvel équilibre se fait à tâtons et très progressivement. Cela nécessite d’aborder les problématiques et interrogations à mesure qu’elles arrivent, et d’avoir l’écoute attentive d’autres personnes pour éclaircir et démêler ce flou du postpartum, de cette matrescence.
Avant les gens vivaient en communautés, et ce changement de vie était accompagné par de nombreuses autres personnes. Ou plus simplement: “Il faut tout un village pour élever un enfant“. Aujourd’hui, alors que l’on déménage de plus en plus fréquemment loin du noyau familial, que l’on doit se débrouiller seul, à qui pouvons-nous parler des orages et des arcs-en-ciel? 

Et puisqu’on peut se sentir seule même entourée, voici quelques pistes en vrac pour découvrir, préparer et accompagner au mieux cette période de déflagration dans la vie d’une femme:
– podcast La Matrescence, de Clémentine SARLAT
– podcast Sage-Meuf, de Anna ROY (sage-femme de la Maison des Maternelles, mais également autrice de l’excellent “La vie rêvée du post-partum“)
– podcast PowHER Mamma, de Emilie DAUDIN & Emilie LEGUINIEC
– comptes Instagram: @postpartum_tamère, @kinaissance, @lepostpartum

Baby blues ou dépression post-partum?

Le baby blues concerne la quasi-totalité des mamans immédiatement après accouchement et disparaît dans les 4 à 7 jours.

La dépression post-natale (ou dépression post-partum), quant à elle, peut succéder au baby blues ou apparaître dans les semaines suivantes, et perdurer durant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. On observe également un pic d’installation autour des 2-4 mois après accouchement (correspondant à la reprise d’activité).

Une baisse de moral prolongée peut donc traduire l’installation d’une dépression réelle et potentiellement dangereuse (pour la mère comme pour l’enfant du fait du risque accru de syndrome du bébé secoué), nécessitant un suivi médical et psychologique.

Si vous ressentez un épuisement physique et mental, un manque d’appétit, des difficultés d’endormissement sans lien direct avec les cycles de sommeil de votre bébé, des pleurs intempestifs, sauts d’humeur, sensation d’oppression et d’incapacité à prendre soin de votre bébé, parlez-en aux professionnels de santé qui vous accompagnent. Il est essentiel de pouvoir exprimer vos émotions, vos pensées, à des personnes bienveillantes, de confiance et à l’écoute. Le rôle du partenaire est également d’une importance capitale pour renforcer votre sentiment d’être comprise et soutenue dans cette épreuve.

Entourez-vous également de vos amis proches, de votre famille. Discutez avec des jeunes mamans rencontrant les mêmes difficultés que vous.

L’ostéopathie est un acte sensoriel permettant de reprendre contact et conscience de son corps, de retrouver confiance en soi, de se recentrer en vivant le moment présent, d’apaiser l’esprit, et de se recharger en énergie. Il s’agit d’une solution complémentaire dans le suivi des patientes dans la mesure où celle-ci peut soulager des maux en lien direct avec un mal-être physique ET psychique (douleurs diffuses sur l’ensemble du corps avec répercussion sur l’état d’esprit), améliorer la qualité du sommeil et restructurer le lien corps-esprit.


nourrisson avec sa mère

Se sentir bien dans son corps est un point essentiel dans la guérison de la dépression !

Quelques conseils à appliquer en prévention ou en parallèle d’une prise en charge

Misez sur les piliers de la Santé au sens large du terme:

– Reposez-vous autant que possible. Je l’ai déjà dit et j’insiste: faite une sieste en même temps que le bébé, revoyez à la baisse les impératifs que vous vous imposez au quotidien (ménage, cuisine, courses) et passez le relai. En fonction de votre budget: envisagez une aide ménagère à domicile pour un contrat de quelques semaines à quelques mois, ou bien sollicitez l’entourage proche pour vous concocter de bons petits plats (- “coucou, je peux venir voir le bébé?” – “Oui, à condition que tu m’apportes aussi un repas fait avec amour!”)

–  L’alimentation est votre carburant. Ce n’est pas le moment de faire un régime hypocalorique: votre corps a besoin de ressources. Mais pas n’importe lesquelles! Privilégiez si possible une alimentation biologique et peu transformée. Par dessus tout et si vous ne pouviez appliquer qu’une chose: recherchez des éléments riches en bonnes graisses (oméga 3) afin de faire le plein d’énergie et assouvir les envies de grignotages sucrées qui vont de pair avec les périodes de grande fatigue. Pas besoin de faire de la grande cuisine pour taper juste: fruits secs, fruits à coque, bananes, avocats, petits poissons gras, oeufs, etc. Regardez également parmi les “supers aliments” tels que les produits de la ruche, algues ou graines germées. Il est également intéressant de consommer des aliments facilitant la synthèse de mélatonine avant de vous coucher (ceux contenant du tryptophane, en lien direct avec le sommeil et la dépression).

– Pour aller plus loin ou si vous ne vous sentez pas de modifier votre alimentation, vous pouvez prendre appui sur des solutions naturelles telles que la phytothérapie ou des compléments alimentaires post-grossesse (demandez conseil à votre pharmacien) et pratiquez de la luminothérapie (exposition au soleil ou à une lampe de luminothérapie au moins 30 minutes par jour en fin de matinée) afin de favoriser la production naturelle de mélatonine et vitamine D.

– Pratiquez des exercices de respiration (méditation, sophrologie, cohérence cardiaque) afin de réguler votre système nerveux autonome et limiter les effets du stress sur votre organisme.

– Et pourquoi pas faire une activité permettant de ré-harmoniser le corps et l’esprit, tel que le yoga post-natal, le Taï Chi ou le Qi Gong? Ceux-ci peuvent être l’occasion de sortir de votre quotidien et maintenir une vie sociale, et ont fait leurs preuves en matière d’amélioration de l’état de santé psychique et physique dans le cadre de dépression.

– Enfin et surtout: ne cherchez pas à être la mère idéale. Il est impossible de s’occuper de quelqu’un au détriment de vos propres besoins. Les enfants ne veulent pas une mère parfaite, mais une mère heureuse. Soyez en accord avec vos convictions, n’écoutez que les conseils qui vont dans le sens de vos valeurs, mais soyez aussi OK avec le fait qu’on apprend en se trompant et que vous avez le droit de faire des erreurs. Travaillez votre capacité à vous adapter aux aléas, et faites-vous confiance.